vendredi 11 juillet 2008

Source : Site de Dominique Voynet (commentaire de raf le 22/06/08)

L'affaire GRIALLET

Madame Voynet,
Après avoir pris connaissance de prise de position concernant l'affaire GRIALLET, je me permets de vous faire parvenir cette lettre.

Loin de toute considération politique, travaillant dans le milieu du bâtiment, et habitant Montreuil, j'ai le plaisir de connaître les frères GRIALLET, pour avoir travaillé avec eux sur un chantier en juin. L'un des frères et son neveux travaillent en effet sur le chantier, le frère aux manettes des pelleteuses, et le neveux comme ouvrier.
Je déplore la désinformation dont ils sont l'objet, ou, tout du moins, le fait que leur version des faits ne soit citée nulle part.
Il s'agit d'une entreprise familiale. Ce sont deux frères et le fils de l'un deux. Ce sont des gens qui sont partis de rien. Loin de l'image du patron exploiteur, ils ont commencé la démolition seuls, sans matériel, à la masse. Ils savent donc ce que c'est de travailler de leurs mains. Le neveux travaille lui-même comme ouvrier dans l'entreprise !
Le plus terrible, c'est qu'il semble qu'il y ait eu une bonne entente entre eux et les travailleurs qu'ils employaient, avant que cette affaire ne soit instrumentalisée.

Si s'attaquer à de grandes structures comme Bouygues ou Eiffage afin d'attirer l'attention sur un problème somme toute important n'a que peu de conséquences pour les hommes qui les composent, s'attaquer à une PME comme l'entreprise GRIALLET risque de l'amener à la faillite. Tous les employés étant en grève, c'est sans soute ce qui les attend.
De plus, s'agissant d'une SNC et non d'une SARL, en cas de faillite, ils peuvent être amenés à rembourser les fournisseurs et les clients sur leurs bien propres, ce qui pourrait les amener à la misère. C'est très grave.

Le fond du problème : ce qui a fait l'affaire GRIALLET ?

Je ne connais pas les dates par cœur, je peux en parler dans les grandes lignes. Si vous voulez les faits exacts, n'hésitez pas à les contacter directement. Les frères GRIALLET souffrent beaucoup du fait que leur version soit si peu diffusée ; ils répondront donc sans doute à toutes vos questions.

En avril, l'entreprise GRIALLET reçoit un courrier de la CGT leur indiquant qu'une grande partie (18/25) de leurs ouvriers est sans papiers et les mettant en demeure de régulariser la situation. Après avoir pris contact avec la préfecture, leur interlocutrice leur conseille en premier lieu de licencier les ouvriers sans papiers, comme l'exige d'ailleurs la Loi.
Cependant, le but de la CGT, après prise de contact, était la régularisation d'un seul coup de tous les sans papiers, grace à la nouvelle loi qui le permet.
En effet, en cas de contrat de travail, l'entreprise peut régulariser un employé en payant à peu près 1 000,00€.
Malheureusement, l'entreprise GRIALLET n'a pas dans sa trésorerie 18 000,00€ à verser d'un seul coup. Il s'agit, rappelons le, d'une modeste PME. Les frères GRIALLET roulent en camion benne, pas du tout en porsche, même pas en renault ! Les GRIALLET envisagent donc de les régulariser un par un, en échelonnant les régularisations dans le temps, afin de pouvoir supporter cette charge financière. Après quoi, les locaux de GRIALLET sont occupés. Une personne s'étant fait passée pour un représentant de l'état, on a ouvert. En réalité le but était d'occuper les locaux.
Du sucre est répandu près du réservoir ouvert d'un camion, en menace de destruction de matériel. Les GRIALLET refusent alors d'autant plus de régulariser tous les sans papiers d'un seul coup, car ils refusent de le faire en étant pris à la gorge.
Le plus triste dans l'histoire, c'est que tout le monde est perdant : l'entreprise GRIALLET qui va à la faillite, les GRIALLET eux-même qui vont au devant de graves problèmes financiers, et les sans papiers qui ne seront sans doute pas régularisés. Cette publicité peut leur apporter en plus d'autres problèmes très graves que l'on peut imaginer.
Avec un peu de temps, les régularisations auraient pu se faire, les unes après les autres. Il aurait fallu le faire avec un peu plus de tact. Les moyens mis en oeuvre étaient peut-être disproportionnés.

Dans l'hypothèse où tout cela a été mis en place afin d'attirer l'attention sur une cause et/ou de faire parler d'une organisation politique, il s'agit d'une opération irresponsable, bénéfique pour personne et vouée à l'échec. Avec des conséquences qui peuvent être dramatiques pour tout le monde.

Par la suite, des plaintes mensongères ont été déposées, à savoir :
  • les ouvriers ne seraient pas payés à temps (alors que des fiches de paie en règle peuvent prouver le contraire si on se contentait de le leur demander !!)
  • les ouvriers travailleraient au contact de matières dangereuses (plomb, amiante) alors qu'aucun des rapports Veritas et d'inspection de l'état n'en fait mention. De plus, des vidéos prises sur les chantiers précédents par les entreprises se trouvant sur le chantier en même temps prouvent également que les ouvriers sont bien équipés et protégés.
  • les frères GRIALLET auraient été au courant que les ouvriers étaient sans papiers, alors que, fait incroyable, les 18 ouvriers avaient fournis de faux papiers (que les GRIALLET peuvent fournir comme preuve) faux papiers à propos desquels des officiers des RG auraient confiés "on aurait pas pu faire la différence entre ceux là et des vrais" (!)
Il n'est pas difficile de trouver 18 ouvriers en 10 ans, pourquoi auraient-ils pris le risque de faire faire de faux papiers ? D'autant que rien dans les salaires versés, qui sont normaux, ne laisse présager d'une magouille quelconque.

Les ouvriers souhaitant continuer à travailler auraient été menacés afin de rejoindre le mouvement.

Nul doute qu'à présent, un grand nombre des ouvriers pris dans cette tourmente, plus ou moins à leur insu, le regrettent et souhaiteraient trouver une solution satisfaisante pour eux et pour les frères GRIALLET, plutôt que d'être pris de force dans un combat mené par d'autres et qui va à l'encontre complet de leur intérêt, collectif comme particulier.

C'est pourquoi je vous exhorte à recueillir un maximum de renseignements de la part des trois parties, le syndicat, les GRIALLET et leurs ouvriers effectivement sans papiers, afin d'entendre plus clairement les enjeux de cette crise.
Cela vous permettrait d'adopter une position plus juste. J'ose espérer qu'il s'agit d'une valeur que nous avons en commun.
D'un point de vue strictement politique et, je dirai même plus, sondagier, si cette affaire venait à bénéficier de l'audience qu'elle mérite, il vous serait d'ailleurs sûrement préjudiciable d'occuper la position que vous occupez actuellement.

En espérant profondément que vous serez plus sensible au premier de mes arguments qu'au second, et dans l'attente d'une éventuelle réponse expliquant votre position, je vous prie de croire, madame le maire, à l'expression de mes sentiments les meilleurs et de mon profond respect.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

bouh !

Anonyme a dit…

il n y a pas de fumée sans feu