mardi 5 août 2008

Enfin du nouveau

Voilà on l'attendait depuis plus de 3 mois et c'est enfin arrivé.

J'ai enfin eut gain de cause au tribunal des référés, les ouvriers occupant mon entreprise n'ont pas le droit de "squatter" et j'ai le droit de les faire partir comme bon me semble.

Je sais que ça ne va pas faire plaisir à certaines personnes mais là c'est la Justice qui a tranché.

Bonne journée à tous.

vendredi 11 juillet 2008

Source : Site de Dominique Voynet (commentaire de raf le 22/06/08)

L'affaire GRIALLET

Madame Voynet,
Après avoir pris connaissance de prise de position concernant l'affaire GRIALLET, je me permets de vous faire parvenir cette lettre.

Loin de toute considération politique, travaillant dans le milieu du bâtiment, et habitant Montreuil, j'ai le plaisir de connaître les frères GRIALLET, pour avoir travaillé avec eux sur un chantier en juin. L'un des frères et son neveux travaillent en effet sur le chantier, le frère aux manettes des pelleteuses, et le neveux comme ouvrier.
Je déplore la désinformation dont ils sont l'objet, ou, tout du moins, le fait que leur version des faits ne soit citée nulle part.
Il s'agit d'une entreprise familiale. Ce sont deux frères et le fils de l'un deux. Ce sont des gens qui sont partis de rien. Loin de l'image du patron exploiteur, ils ont commencé la démolition seuls, sans matériel, à la masse. Ils savent donc ce que c'est de travailler de leurs mains. Le neveux travaille lui-même comme ouvrier dans l'entreprise !
Le plus terrible, c'est qu'il semble qu'il y ait eu une bonne entente entre eux et les travailleurs qu'ils employaient, avant que cette affaire ne soit instrumentalisée.

Si s'attaquer à de grandes structures comme Bouygues ou Eiffage afin d'attirer l'attention sur un problème somme toute important n'a que peu de conséquences pour les hommes qui les composent, s'attaquer à une PME comme l'entreprise GRIALLET risque de l'amener à la faillite. Tous les employés étant en grève, c'est sans soute ce qui les attend.
De plus, s'agissant d'une SNC et non d'une SARL, en cas de faillite, ils peuvent être amenés à rembourser les fournisseurs et les clients sur leurs bien propres, ce qui pourrait les amener à la misère. C'est très grave.

Le fond du problème : ce qui a fait l'affaire GRIALLET ?

Je ne connais pas les dates par cœur, je peux en parler dans les grandes lignes. Si vous voulez les faits exacts, n'hésitez pas à les contacter directement. Les frères GRIALLET souffrent beaucoup du fait que leur version soit si peu diffusée ; ils répondront donc sans doute à toutes vos questions.

En avril, l'entreprise GRIALLET reçoit un courrier de la CGT leur indiquant qu'une grande partie (18/25) de leurs ouvriers est sans papiers et les mettant en demeure de régulariser la situation. Après avoir pris contact avec la préfecture, leur interlocutrice leur conseille en premier lieu de licencier les ouvriers sans papiers, comme l'exige d'ailleurs la Loi.
Cependant, le but de la CGT, après prise de contact, était la régularisation d'un seul coup de tous les sans papiers, grace à la nouvelle loi qui le permet.
En effet, en cas de contrat de travail, l'entreprise peut régulariser un employé en payant à peu près 1 000,00€.
Malheureusement, l'entreprise GRIALLET n'a pas dans sa trésorerie 18 000,00€ à verser d'un seul coup. Il s'agit, rappelons le, d'une modeste PME. Les frères GRIALLET roulent en camion benne, pas du tout en porsche, même pas en renault ! Les GRIALLET envisagent donc de les régulariser un par un, en échelonnant les régularisations dans le temps, afin de pouvoir supporter cette charge financière. Après quoi, les locaux de GRIALLET sont occupés. Une personne s'étant fait passée pour un représentant de l'état, on a ouvert. En réalité le but était d'occuper les locaux.
Du sucre est répandu près du réservoir ouvert d'un camion, en menace de destruction de matériel. Les GRIALLET refusent alors d'autant plus de régulariser tous les sans papiers d'un seul coup, car ils refusent de le faire en étant pris à la gorge.
Le plus triste dans l'histoire, c'est que tout le monde est perdant : l'entreprise GRIALLET qui va à la faillite, les GRIALLET eux-même qui vont au devant de graves problèmes financiers, et les sans papiers qui ne seront sans doute pas régularisés. Cette publicité peut leur apporter en plus d'autres problèmes très graves que l'on peut imaginer.
Avec un peu de temps, les régularisations auraient pu se faire, les unes après les autres. Il aurait fallu le faire avec un peu plus de tact. Les moyens mis en oeuvre étaient peut-être disproportionnés.

Dans l'hypothèse où tout cela a été mis en place afin d'attirer l'attention sur une cause et/ou de faire parler d'une organisation politique, il s'agit d'une opération irresponsable, bénéfique pour personne et vouée à l'échec. Avec des conséquences qui peuvent être dramatiques pour tout le monde.

Par la suite, des plaintes mensongères ont été déposées, à savoir :
  • les ouvriers ne seraient pas payés à temps (alors que des fiches de paie en règle peuvent prouver le contraire si on se contentait de le leur demander !!)
  • les ouvriers travailleraient au contact de matières dangereuses (plomb, amiante) alors qu'aucun des rapports Veritas et d'inspection de l'état n'en fait mention. De plus, des vidéos prises sur les chantiers précédents par les entreprises se trouvant sur le chantier en même temps prouvent également que les ouvriers sont bien équipés et protégés.
  • les frères GRIALLET auraient été au courant que les ouvriers étaient sans papiers, alors que, fait incroyable, les 18 ouvriers avaient fournis de faux papiers (que les GRIALLET peuvent fournir comme preuve) faux papiers à propos desquels des officiers des RG auraient confiés "on aurait pas pu faire la différence entre ceux là et des vrais" (!)
Il n'est pas difficile de trouver 18 ouvriers en 10 ans, pourquoi auraient-ils pris le risque de faire faire de faux papiers ? D'autant que rien dans les salaires versés, qui sont normaux, ne laisse présager d'une magouille quelconque.

Les ouvriers souhaitant continuer à travailler auraient été menacés afin de rejoindre le mouvement.

Nul doute qu'à présent, un grand nombre des ouvriers pris dans cette tourmente, plus ou moins à leur insu, le regrettent et souhaiteraient trouver une solution satisfaisante pour eux et pour les frères GRIALLET, plutôt que d'être pris de force dans un combat mené par d'autres et qui va à l'encontre complet de leur intérêt, collectif comme particulier.

C'est pourquoi je vous exhorte à recueillir un maximum de renseignements de la part des trois parties, le syndicat, les GRIALLET et leurs ouvriers effectivement sans papiers, afin d'entendre plus clairement les enjeux de cette crise.
Cela vous permettrait d'adopter une position plus juste. J'ose espérer qu'il s'agit d'une valeur que nous avons en commun.
D'un point de vue strictement politique et, je dirai même plus, sondagier, si cette affaire venait à bénéficier de l'audience qu'elle mérite, il vous serait d'ailleurs sûrement préjudiciable d'occuper la position que vous occupez actuellement.

En espérant profondément que vous serez plus sensible au premier de mes arguments qu'au second, et dans l'attente d'une éventuelle réponse expliquant votre position, je vous prie de croire, madame le maire, à l'expression de mes sentiments les meilleurs et de mon profond respect.

Le conservateur : Commentaires laissés suite à l'article d'origine suite et fin

¤ Mar 17/06/2008 à 09h00 par lavandin.
Corine27 : Ne seriez-vous pas un peu naïve ? Vu sur un autre site : sur 100 personnes contrôlées en gare du Nord par la police, 25 sont en situation irrégulière. Compte tenu des doutes évidents sur ces personnes, il est toujours possible de faire valider les documents par les administrations (elles ont les moyens de contrôle imparables, mais rechignent parfois, il est vrai à contrôler).

¤ Mar 17/06/2008 à 10h08 par corine27.
Et la confiance? Est-ce un concept qui n'existe plus de nos jours ? Quand une personne vient se faire embaucher avec des papiers qui semblaient normaux. J'ajoute que se sont des salariés qui font 8h par jour et s'ils font plus, ils ont les heures supplémentaires de payées. Ils ont des protections individuelles pour travailler. Celui qui s'est fait avoir en beauté ce ne sont pas ces "pauvres salariés" mais le patron.

jeudi 10 juillet 2008

Le conservateur : Commentaires laissés suite à l'article d'origine.

¤ Mer 04/06/2008 à 12h46 par l'indien
Ces gens fuient la guerre civile, la famine, les maladies, les génocides, pour trouver un patron qui profite et abuse de leur motivation à se sortir de leur situation irrégulière.

¤ Mer 04/06/2008 à 15h15 par Le Conservateur.
Voyons l'indien, à qui voulez-vous faire croire qu'il y a sur Terre 5,5 milliards de gens malheureux qui luttent pour leur survie, le reste étant constitué d'occidentaux repus et forcément heureux et riches. La surpopulation n'est pas notre faute, et nous n'y pouvons rien. La seule aide qu'on peut fournir qui ne détruira pas, c'est l'aide au développement, non pas socialiste, mais libérale pour les inciter à investir, à s'éduquer, à construire une économie performante.

¤ Vend 06/06/2008 à 19h16 par lavandin.
Incrédule : vous avez raison sur la forme, mais sur le fond tant que le chômage sera rémunéré, tant que l'on laissera croire aux jeunes que tout le monde peut entamer des études supérieures, tant qu'il y aura des RMI-stes (qui complètent leurs revenus par du travail au noir) on ne trouvera personne pour les métiers manuels ou non. Atteindre 80% de bacheliers (nantis d'un bac qui ne vaut rien pour une grande partie) est une absurdité remarquable. Quant aux clandestins en question, souvent ils ont déserté les campagnes africaines, abandonnant les activités agricoles indispensables à la survie de leur pays, avec les conséquences que l'on connaït actuellement (naguère le président du Sénégal invitait les agriculteurs français à venir mettre en valeur les terres de son pays).

¤ Lun 16/06/2008 à 20h06 par corine27.
Quand on ne sait pas ce qu'il se passe exactement on évite de philosopher sur ce genre de situation. Les salariés ne sont pas clandestins ils ont de faux papiers que même la police n'arrive pas à faire la différence. Ils sont payés de 1 300 à 1 400€ net par mois avec les congés payés, la sécurité sociale et tout ce qui va avec. Alors comment voulez-vous qu'un patron d'une petite entreprise puisse voir que les papiers soient faux surtout quand il déclare ces fameux "clandestins" à l'URSSAF et tout les autres organismes officiels.

¤ Lun 16/06/2008 à 21h40 par le conservateur.
Blah Blah corine27, quand on fait bosser 10 noirs parlant à moitié français dans les caves de Neuilly-sur-Seine sur Seine (pour la restauration), ou pour le BTP, qu'on les recrute par "certaines filières", on se doute qu'une partie risque de ne pas être clean étant donné que cela fait plusieurs années que le problème est connu.

Le conservateur Article d'origine (écrit par le Conservateur)

Sans-papiers : le patron voyou débouté

Je lis, sous la plume de l'AFP :

" Le tribunal de grande instance de Bobigny a débouté le patron d'une PME du bâtiment qui réclamait l'expulsion par la force des salariés sans-papiers en grève occupant l'entreprise depuis le 22 mai.

Dans son ordonnance, le juge des référés estime que la grève avec occupation de l'entreprise Griallet menée par la quasi-totalité des salariés (21 grévistes, dont 19 sans-papiers, sur 26 salariés) s'inscrit dans le "cadre normal de l'exercice du droit de grève", n'a pas occasionné d'entraves, et donc "ne constitue pas un trouble manifestement illicite".

Il déboute le patron de sa demande formée contre cinq de ses salariés, dont quatre sans-papiers, et le responsable de l'union locale CGT de Montreuil. Les ouvriers de cette entreprise de démolition s'étaient massivement mis en grève le 22 mai au lendemain de la suspension de leurs contrats par leur employeur, rejoignant le mouvement de grève des sans-papiers lancé à la mi-avril en Ile-de-France pour leur régularisation."

Ma réaction ? Tant mieux ! Dans cette affaire, les plus coupables ne sont pas les clandestins ni les syndicats. Les clandestins sont des opportunistes qui profitent d'un système poreux et incitatif. Pour autant, ils doivent être expulsés, si l'on pense que la Loi n'est pas un vain mot. Les syndicats - et plus précisément la CGT, pour leur part, trahissent les classes populaires en prenant parti pour des "casseurs de salaire" et des "casseurs d'ascenseur social" utilisés comme tels par les patrons, mais ils profitent d'une nouvelle clientèle pour tenter de survivre. Les plus coupables, vous le devinez, sont les patrons voyous, ceux qui veulent s'acheter plus vite une nouvelle Cayenne par un incivisme inouï. C'est sur ces collabos bling-bling qu'il faut taper, et le plus fort possible. Quand un bon paquet d'entreprises et de restaurants auront mis la clé sous la porte à cause des occupations de clandestins, les autres patrons tentés par l'aventure de l'illégalité et de l'irresponsabilité réfléchiront peut être à deux fois avant de cracher sur leur pays et leurs concitoyens.